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Facturation électronique : aucune sanction avant fin 2026, et ensuite ? Les amendes prévues
Aucune sanction avant fin 2026 : c'est l'engagement du gouvernement. Mais la loi de finances 2026 fixe déjà les amendes : 50 €, 500 €, 1 000 €.
En bref
- Le gouvernement a annoncé qu'aucune sanction ne sera prononcée avant la fin de l'année 2026. C'est un engagement affiché pour accompagner le démarrage de la réforme, pas une suppression des sanctions.
- La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123) a néanmoins fixé les montants des amendes : 50 € par facture non émise au format électronique, 500 € par manquement à l'e-reporting, et jusqu'à 1 000 € en cas de défaut persistant de plateforme de réception.
- La réception des factures électroniques est obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA depuis le 1er septembre 2026. L'émission suit : grandes entreprises et ETI depuis septembre 2026, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
- Les premières semaines sont placées sous le signe de la tolérance et de la bienveillance : l'objectif est d'aider les entreprises à se mettre en conformité, pas de verbaliser au premier incident technique.
- Une assistance nationale est joignable au 0 806 807 807 (du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h) pour les questions des professionnels.
- Factusur convertit vos factures PDF en Factur-X et vérifie leur conformité, mais n'est pas une plateforme agréée et ne transmet pas vos factures : la transmission relève de la plateforme que vous choisissez.
« Aucune sanction avant la fin 2026 » : ce qu'a annoncé le gouvernement
Beaucoup d'indépendants et de dirigeants de TPE se posent la même question : « si je ne suis pas tout à fait prêt, est-ce que je risque une amende ? » La réponse, pour la fin de l'année 2026, est claire et vient directement de l'administration.
Le 8 octobre 2026 s'est tenu le premier comité de suivi de la réforme, présidé par le ministre de l'Action et des Comptes publics, réunissant les grandes organisations professionnelles (AFEP, MEDEF, Les Entrepreneurs, U2P), les réseaux consulaires, les experts-comptables et les administrations concernées. À l'issue de ces travaux, le ministère a rappelé un principe simple : « Aucune sanction ne sera prononcée avant la fin de l'année 2026. » La période de démarrage est fondée sur le dialogue et une approche bienveillante, comme l'indique le communiqué publié sur economie.gouv.fr.
Ce même communiqué dresse un état des lieux encourageant. Au 4 octobre 2026, 75 % des entreprises déclarant de la TVA avaient déjà désigné une plateforme de réception. Quelque 20 millions de factures avaient été échangées au format électronique, représentant environ 70 milliards d'euros de facturation. Autrement dit, la réforme est largement engagée, même si le comité reconnaît des points de friction : lisibilité et coût des offres, choix ou changement de plateforme, adaptation des logiciels et des processus, besoins spécifiques des plus petites entreprises, interopérabilité et transmission des statuts de facture.
Le comité a par ailleurs prévu de se réunir à nouveau avant la fin 2026 et a acté la publication, sous deux semaines, d'une mise à jour du guide de démarrage. L'essentiel à retenir : la tolérance affichée est un engagement de calendrier, destiné à laisser aux entreprises le temps de s'équiper, et non une abrogation des sanctions.
Une phase de démarrage placée sous le signe de la bienveillance
Cette logique n'est pas nouvelle. Dès le 11 juillet 2026, le ministère de l'Économie avait annoncé, dans son communiqué n° 898, un principe de « tolérance et de bienveillance » pour la phase de démarrage, accompagné d'un guide pratique publié le jour même sur impots.gouv.fr.
Ce guide traite des situations très concrètes que rencontrent les entreprises au début : une facture qui ne passe pas immédiatement par le circuit électronique attendu (doit-elle être payée, comptabilisée, ouvre-t-elle droit à déduction de la TVA ?), une plateforme temporairement indisponible, ou encore une difficulté venant d'un prestataire. L'esprit est d'éviter de pénaliser une entreprise de bonne foi confrontée à un aléa technique pendant que les outils se rodent.
Le calendrier : qui est concerné, et quand
Pour comprendre les sanctions, il faut d'abord savoir à quelle obligation on est soumis, et depuis quand. La réforme repose sur un calendrier en deux volets, décrit par les administrations sur economie.gouv.fr et dans la fiche pratique du CEDEF.
- Réception : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée.
- Émission et e-reporting : les grandes entreprises et ETI y sont soumises depuis le 1er septembre 2026 ; les PME et micro-entreprises le seront à compter du 1er septembre 2027, avec une montée en charge de l'e-reporting à la même échéance.
Dans tous les cas, les factures transitent par une plateforme agréée ; la liste officielle est publiée par l'administration sur impots.gouv.fr. Si vous hésitez encore, notre grille neutre Choisir sa plateforme agréée et notre page dédiée aux offres gratuites vous aident à comparer sans classement commercial. Les indépendants trouveront un repère complet sur notre page facture électronique pour l'auto-entrepreneur. Pour obtenir vos propres dates, notre calendrier de la facture électronique les calcule à partir de l'effectif, du chiffre d'affaires et du total de bilan.
Les sanctions prévues par la loi, une fois la tolérance levée
L'engagement « aucune sanction avant fin 2026 » porte sur le moment où l'administration pourra verbaliser. Il ne dit rien des montants, car ceux-ci sont déjà inscrits dans la loi. C'est la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), dont l'article 123 a fait évoluer le régime de sanctions. L'actualité « Facturation électronique : les sanctions évoluent » du 20 février 2026, sur le site service-public.fr, en détaille le contenu.
Il existe trois manquements distincts, chacun avec son propre barème.
Défaut d'émission d'une facture électronique
Ne pas émettre une facture au format électronique lorsqu'on y est tenu expose à une amende de 50 € par facture (contre 15 € auparavant). Le total est plafonné à 15 000 € par année civile. Ce manquement concerne, pour les PME et micro-entreprises, l'obligation qui entrera en vigueur au 1er septembre 2027.
Défaut de recours à une plateforme agréée pour recevoir ses factures
Ce cas suit une logique graduée, pensée pour laisser le temps de régulariser :
- l'administration adresse d'abord une mise en demeure de se conformer sous trois mois ;
- à défaut, une amende de 500 € s'applique, assortie d'une nouvelle mise en demeure de trois mois ;
- si le manquement persiste, l'amende passe à 1 000 €, puis 1 000 € tous les trois mois tant que la situation n'est pas régularisée.
Autrement dit, on ne tombe pas sous le coup de cette sanction pour un simple retard : il faut un défaut persistant après plusieurs rappels.
Défaut d'e-reporting (transmission des données)
Ne pas transmettre les données de transaction et de paiement attendues (l'e-reporting) expose à une amende de 500 € par transmission (contre 250 € auparavant), elle aussi plafonnée à 15 000 € par année civile. La loi vise désormais explicitement les données de paiement des prestations de services. Le détail de ce qui sera transmis est expliqué dans notre article e-reporting 2027 : ce qui attend TPE et indépendants.
La « première infraction » n'est pas sanctionnée si elle est réparée
Point essentiel et souvent ignoré : ces sanctions ne s'appliquent pas « en cas de première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes si l'infraction a été réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration ». Un premier oubli corrigé rapidement n'entraîne donc, en principe, pas d'amende.
Tableau récapitulatif des amendes
| Manquement | Montant | Plafond / mécanisme |
|---|---|---|
| Défaut d'émission d'une facture électronique | 50 € par facture (auparavant 15 €) | 15 000 € par année civile |
| Défaut d'e-reporting (données de transaction et de paiement) | 500 € par transmission (auparavant 250 €) | 15 000 € par année civile |
| Défaut de plateforme agréée pour recevoir ses factures | 500 €, puis 1 000 € | Après mise en demeure ; 1 000 € tous les 3 mois tant que non régularisé |
Montants fixés par l'article 123 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Première infraction réparée spontanément ou dans les 30 jours d'une première demande de l'administration : pas de sanction.
Faut-il s'inquiéter ? Remettre la tolérance en perspective
La combinaison des deux messages peut sembler contradictoire : d'un côté « aucune sanction avant fin 2026 », de l'autre des amendes précises inscrites dans la loi. En réalité, les deux se complètent. Le législateur a fixé le cadre ; l'administration a choisi de ne pas l'appliquer tout de suite, le temps que les entreprises s'équipent.
Deux précautions de lecture, pour rester juste. D'abord, « aucune sanction avant fin 2026 » est un engagement gouvernemental annoncé, pas une disposition législative ; il porte sur l'année 2026. Ensuite, rien ne permet d'affirmer aujourd'hui ce qui se passera exactement en 2027 en matière de sanctions, ni de présumer une prolongation de la tolérance au-delà de ce qui a été annoncé. La prudence consiste donc à utiliser le temps offert par la phase de démarrage pour se préparer, plutôt qu'à parier sur un report. Pour les cas particuliers, les pages officielles font foi.
Que faire concrètement d'ici fin 2026 (TPE et indépendants)
Bonne nouvelle : les gestes à poser sont simples et, pour l'essentiel, gratuits. Voici une marche à suivre pour aborder sereinement 2027.
- Désignez une plateforme de réception. C'est le geste n° 1, déjà accompli par trois entreprises sur quatre. Même si vous n'émettez pas encore de factures électroniques, vous devez pouvoir en recevoir depuis septembre 2026. Si l'on vous envoie encore des factures en PDF par e-mail, lisez facture reçue en PDF : faut-il la payer et déduire la TVA ? Comparez les offres avec notre grille Choisir sa plateforme agréée et la liste des offres gratuites.
- Vérifiez vos outils. Votre logiciel de facturation ou votre tableur produit-il des fichiers conformes ? Comprendre le format aide : notre page Factur-X, c'est quoi ? explique le PDF lisible doublé d'un XML structuré. Vous pouvez contrôler gratuitement un fichier avec notre vérificateur de Factur-X.
- Préparez l'émission de 2027. Si vous êtes PME ou micro-entreprise, l'émission deviendra obligatoire le 1er septembre 2027. Faites le point dès maintenant sur vos mentions obligatoires et, au besoin, essayez la conversion d'un PDF en Factur-X pour voir à quoi ressemble un fichier conforme.
- Faites le point en quelques minutes. Notre checklist en 7 questions vous donne vos obligations, vos dates et une liste d'actions, sans inscription.
- En cas de doute, utilisez l'assistance. Un numéro national d'assistance des professionnels est joignable au 0 806 807 807, du lundi au vendredi de 8h30 à 18h. Pour les questions juridiques ou fiscales propres à votre situation, votre expert-comptable reste l'interlocuteur de référence.
Si un client vous dit qu'il « refuse » les factures électroniques, ce n'est le plus souvent qu'une difficulté technique : nous l'expliquons dans notre article que faire si un client refuse une facture Factur-X.
Où se situe Factusur
Soyons transparents sur notre rôle. Factusur convertit vos factures PDF en Factur-X et vérifie leur conformité (contrôles XSD, schématron EN 16931, PDF/A-3). Vous déposez une facture que vous faites déjà, vous vérifiez chaque champ, puis vous obtenez un fichier et un rapport.
En revanche, Factusur n'est pas une plateforme agréée et ne transmet pas vos factures à vos clients ni à l'administration. La transmission — et donc l'e-reporting — relèvent de la plateforme agréée que vous choisissez. Notre travail s'arrête à un fichier propre, valide et prêt à être transmis par le canal officiel.
FAQ
Y aura-t-il des sanctions en 2026 ?
Non. Le gouvernement a annoncé qu'aucune sanction ne sera prononcée avant la fin de l'année 2026. Cette période de démarrage est placée sous le signe de la tolérance et de la bienveillance, pour laisser aux entreprises le temps de se mettre en conformité.
Quels sont les montants des amendes prévues ?
La loi de finances pour 2026 (article 123) fixe 50 € par facture non émise au format électronique (plafond 15 000 €/an), 500 € par manquement à l'e-reporting (plafond 15 000 €/an), et une amende graduée de 500 € puis 1 000 € en cas de défaut persistant de plateforme de réception après mise en demeure.
Suis-je concerné dès maintenant si je suis auto-entrepreneur ?
Vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026. L'obligation d'émettre vos propres factures électroniques s'appliquera, pour les micro-entreprises et PME, à compter du 1er septembre 2027.
Une première erreur sera-t-elle sanctionnée ?
En principe non : la loi écarte la sanction en cas de première infraction (sur l'année en cours et les trois années précédentes) dès lors qu'elle est réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration.
La tolérance sera-t-elle prolongée en 2027 ?
Rien ne permet de l'affirmer. L'engagement annoncé porte sur l'année 2026. Le comité de suivi doit se réunir de nouveau avant la fin 2026 ; en attendant, le plus prudent est de se préparer plutôt que de compter sur un report.
Factusur peut-il transmettre mes factures ou faire mon e-reporting ?
Non. Factusur convertit et vérifie des fichiers Factur-X, mais n'est pas une plateforme agréée et ne transmet rien. La transmission et l'e-reporting passent par la plateforme agréée que vous choisissez.
Qui appeler en cas de difficulté ?
Un numéro national d'assistance des professionnels est ouvert au 0 806 807 807, du lundi au vendredi de 8h30 à 18h. Pour les questions propres à votre situation fiscale, rapprochez-vous de votre expert-comptable.
Sources officielles
Toutes consultées le 25/10/2026. Nous revérifions chaque source à chaque mise à jour de la page.
- S11Entreprendre.Service-Public.gouv.fr — Facturation électronique : les sanctions évoluent (A18802) · loi n° 2026-103 du 19/02/2026 de finances pour 2026, art. 12326/10/2026
- S8economie.gouv.fr — Facturation électronique : trois entreprises sur quatre déjà engagées (comité de suivi du 08/10/2026) · écrit le 12/10/2026 ; chiffres au 04/10/202626/10/2026
- S9presse.economie.gouv.fr — Communiqué n° 898 : tolérance et bienveillance pour le démarrage (11/07/2026)26/10/2026
- S1economie.gouv.fr — Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises25/10/2026
- S4economie.gouv.fr (CEDEF) — La facturation électronique entre entreprises (art. 91 LF 2024)25/10/2026
- S10impots.gouv.fr — Liste des plateformes agréées25/10/2026
- S12impots.gouv.fr — Je passe à la facturation électronique (guide pratique)26/10/2026
Article rédigé par Bastien Hugon, éditeur de Factusur. En savoir plus sur l’éditeur et l’outil.